Benjamin Uzan a fait la connaissance de Monsieur Bruno Huchez en 2002. Ce dernier n’avait plus d’activité dans l’animation, mais son fils semblait s’y intéresser de très près…
Benjamin souffrait d’un manque paternel depuis son adolescence, et je constatais qu’il développait une amitié toute naturelle avec ce Monsieur barbu qui n’était plus vraiment tout jeune. Son charisme y était pour beaucoup ! car il est vrai que son élocution était … « captivante ».
Bref, comment ne pas tomber sous le charme ?
Comment résister à tant de passion évoquée de la belle époque d’IDDH ?
Comment ne pas résister à l’envie d’aider ce grand monsieur de l’animation à réintégrer le marché de la japanime ? Lui qui parfois avait les larmes aux yeux en évoquant son passé… Il parlait de son château qui tombait en ruine… La perte de son label IDDH…

Et voilà comment tout a commencé…
Déclic Images a passé ses premiers accords avec la société Rouge Citron Production fraîchement constituée par Alexandre Huchez (le fils de Bruno), sur les conseils de son père.
Les transactions commencent donc…
De là, des contrats ont été élaborés entre les deux sociétés, Déclic Images et RCP, nous étions donc indirectement éditeur, puisque nous restions sous licenciés.

En décembre 2002, nous avons signé notre première licence vidéo, pour la première saison de la série « Les maîtres de l’univers », avec la société RCP, représentée par Alexandre Huchez.

Les rendez-vous n’ont cessé de se succéder, Brignoles/Paris, Paris/Brignoles…
En 2003, nous signions 11 licences pour un total de 2 184 130 d’euros.
Nos relations étaient amicales, et RCP prouvait toute sa compétence en matière de négociations avec le Japon.
RCP représentait pour nous un excellent acheteur, et aucun litige n’entachait nos relations professionnelles ou amicales.
Bref, tout « roule »… ou tout « roulait »…

Benjamin rencontrait messieurs Huchez soit au restaurant, soit à notre domicile. Etait souvent présent l’un de nos salariés, en qui nous avions une confiance sans limites…
Bruno et Alexandre Huchez devenaient de plus en plus compétents dans leur rôle d'acquéreurs de licences.
Ils partaient très régulièrement au Japon, et leur dynamisme était appréciable. Leur détermination aussi !
En 2004, nous avons signé 15 licences DVD pour un montant total de 7 702 825 d’euros (sept millions sept cent deux mille huit cent vingt-cinq euros).
Puis, le 25 novembre 2004, la société RCP nous signe la cession des droits de la série « Goldorak ».
Le 21 décembre 2004, la société RCP, la société RCP nous signe la cession des droits de la série « Candy .

Déclic Images et Manga Distribution disposent à ce jour de plus de 100 licences, et toutes ont été acquises dans la légalité.
Le seul litige que nous avons rencontré dans notre activité d’éditeur fut celui de la série « Cobra ». Non pas que nous ne disposions pas de la licence, mais les problèmes étaient dus à notre manque d’expérience. La série « Cobra » a été notre toute première licence. Et depuis 2004, aucun litige ne subsiste avec la société TMS.

Avant les faits rapportés :

Nous étions déjà implanté en France en tant que distributeur, et label d’édition.
Nos sociétés évoluaient formidablement bien, une équipe de jeunes travaillaient avec une ardeur et un élan sans limites, diplômés pour certains, et pour d’autres, je les avais connus sur le net lors de discussions passionnantes qui duraient parfois des heures, jusqu’au petit matin… De là, se sont tissés des liens très forts, une amitié naissante prit forme…Pour finir par une proposition d’embauche de ma part pour évoluer au sein de notre entreprise pour l’un de ces jeunes passionnés d’animation…
Nous avons aussi accepté d’embaucher « l’ami »… Et ça, ce fût une sacrée erreur ! L’avenir nous le démontra.

Nous leur laissions accéder à leurs rêves puisque nous suivions leur évolution, et nous acceptions facilement le mouvement pour un meilleur développement de notre entreprise.
Mais ce ne n’était jamais assez…
Nous ressentions quelques malaises au sein du groupe, des incompatibilités de caractère… Et nous avions le sentiment que plus nous donnions « pouvoir », moins il était apprécié.
Plus, toujours plus, pour finir presque par une demande de contrôle quasi intégral. Il fallait accorder notre confiance, sans quoi, l’avenir de notre entreprise était menacé.
Les « critiques » ont commencé à fuser.
Je peux sentir encore cette sensation de malaise des situations qui nous échappaient. De plus, travailler à distance n’est pas chose facile, et le contact nous manquait cruellement.
Notre tort était d’avoir laissé l’un de nos employés travailler sur Paris, mais il avait tant insisté, prétextant que son poste serait plus opérationnel là-bas…
Nous avons accordé une liberté sans limites, et c’est à cause de cela que les contacts ont certainement commencé entre RCP et nos employés.
Restant dans l’ignorance totale de leurs rapprochements, nous vivions les litiges sans pour autant soupçonner qu’une sombre machination s’élaborait, et que les taupes creusaient de l’intérieur.
Tout a fini par « éclater », au mois de juin 2005.
Et ce, à cause d’une « imprudence » de l’un de nos employés, « l’ami embauché », et présent à Brignoles.
Nous avons ainsi découvert que nos fichiers commerciaux informatiques, ainsi que nos bases de données confidentielles avaient été pillées sur une clé USB. Le rapprochement de beaucoup de faits devint facile à percevoir.
Nous apprenions à cette même période que 3 de nos salariés démissionneraient en même temps. Ils allaient donc être réunis pour enfin établir le plan visant à ruiner notre entreprise.
Leurs motivations ? je ne les connais pas, mais je sais maintenant ce que les mots opportuniste et trahison représentent…
Nous n’avions aucune raison de penser que la vengeance puisse être la motivation première de ces personnes. Que ce soit sur le montant des salaires, ou sur le plan humain, nous n’avons jamais été immoraux.
Les années antérieures ont été empreintes de gentillesse, combien de fois notre porte restait grande ouverte ?
Nous avions des amis, pas des employés… Et les nombreuses invitations étaient proposées dans une simplicité sans artifices.

Au fur et à mesure que nous sentions le malaise grandissant, nous commencions à réunir les pièces du puzzle, et nous découvrions une toile bien tissée. La situation nous échappait tout de même, car nous n’étions pas conscients que le plan était à ce point machiavélique…

Je crois que ce qui m’a marqué le plus, ce sont leurs mensonges.
Il aurait pourtant été plus simple de mettre « cartes sur table » !
- « Oui, je vais travailler pour la concurrence »
Mais au lieu de cela, nous avons eu droit à :
- « Je suis lassé de l’animation, je ne supporte plus. Je vais totalement changer de situation professionnelle. »
Et nous découvrions, quelques jours plus tard, la vraie situation.
Sans aucun complexe, on nous avoua travailler pour la concurrence…

Et j’ajoute que nous avons été mis en garde maintes fois par ces mêmes personnes et avec une insistance accrue !
- « Arrêtez de travailler avec monsieur Huchez, il n’a pas bonne réputation, il faut s’en méfier, et nous pensons que ce n’est pas sain pour Déclic Images. »

Quelle contradiction… Car quelques mois plus tard, après quelques RV sur Paris, une amitié naissait entre concurrence et salariés de notre entreprise. Peu scrupuleux, ils ont œuvré alors même qu’ils travaillaient encore au sein de notre entreprise.
Pire encore, ils négligeaient depuis des mois tous les contacts que nous avions au Japon, lors du dernier Mipcom, tout a fini par se savoir…
Nous avons retrouvé des emails échangés entre eux, et datés de fin mars 2005, le plan diabolique était donc déjà élaboré à cette période... Nous découvrions des plans précis d’exploitation, sur des titres précis. De très nombreux détails sur tous les réseaux de distribution étaient rapportés, entre autres détails assez « déroutants ».
L’implantation dans tous les réseaux de distribution devenait un jeu d’enfant !
Nous découvrions ainsi les plans d’exploitation de 3 gros titres du catalogue d’animation : Goldorak, Candy et Naruto, et notre fichier client complet fourni « sur un plateau d’argent », car dérobé…
Le plus « comique », un tant soit peu qu’on garde l’humour face à une situation aussi rocambolesque, c’est que les financements de ces 3 gros titres avaient été assurés par notre entreprise ! (je confirme bien, financements pour les trois séries.), sans que nous soupçonnions une seule seconde l’existence de cette machination, cette escroquerie devrais-je dire…

Force est de constater qu’ils ont tous été d’excellents comédiens, les meilleurs. Les plus beaux menteurs qu’il m’ait été de connaître personnellement, pour les avoir accueillis avec une candeur bien naïve…

Concernant la série Candy, nous avons été surpris de découvrir la future commercialisation, surtout qu’il y a quelques semaines encore, en réponse à notre communiqué, la sté Toei Animation évoquait le fait que cette série ne faisait l’objet d’aucune licence.
Nous avons demandé des explications à la sté RCP qui, à plusieurs reprises, a affirmé ne pas détenir les droits.
Le plus troublant dans cette histoire, c’est que les Centres Leclerc ont été approchés par la sté DVV en vue d’une commercialisation. DVV présentait sur un fax la série Megaman, avec comme label « Kero Vidéo » à côté du logo RCP, et sur un autre Fax, de présentation identique, les 2 premiers coffrets de la série Candy. Ce qui est choquant, c’est que le signataire est le même sur les deux fax, ainsi que les coordonnées téléphoniques similaires.

Revenons à la série Goldorak: si nous avons cherché à entrer en contact avec la société Dynamic Planning, c’est que nous avons pensé qu’ils disposaient des droits d’auteur. Notre seul but était de régulariser une situation devenue précaire, afin de ne pas mettre en doute notre honnêteté.
L’histoire de Goldorak commence à se dévoiler, entre les documents dont nous disposons, les faits rapportés sur le site www.nonoche.com/goldogate/, et l’article paru dans Animeland.
Ces divers articles nous apprennent qu’une procédure a eu lieu entre Toei Animation et les auteurs.

Nous avons de bonnes raisons de penser que l’issue du Procès n’a pas été bénéfique à la sté Toei Animation, du fait qu’à plusieurs reprises, notre Conseil a réclamé à Maître Bataillon le résultat, et que Maître Bataillon est resté toujours évasif sur ce sujet.
Aussi, nous formons une proposition peu commune, à la première personne qui sera en mesure de nous fournir les résultats officiels de cette procédure.
Pour être plus précis, nous rémunèrerons la personne dix mille euros.
Ceci n’est pas un jeu, je tiens à le rappeler, et que toute personne qui entrera en contact directement avec nous est bien conscient du sérieux de notre démarche.

Valérie Uzan 
valerie.uzan chez wanadoo.fr