Arnaques du web : les logiciels « OEM »

La violation des droits d’auteur peut prendre diverses formes, en voici une dont vous n’aviez peut-être pas conscience. On tombe fréquemment sur le web (ou dans son spam…) sur des marchands de logiciels dits « OEM », qui ont la particularité de vendre leurs produits à une fraction du prix normal. Ca n’a, dans l’écrasante majorité des cas, rien de légal. Petite explication : un logiciel OEM (pour Original Equipment Manufacturer) est un logiciel livré en « bundle » avec du matériel informatique. Ainsi vous aurez une version de Photoshop Elements avec votre scanner par exemple, ou encore une version de Windows avec votre PC.

Dans pareil cas, le fabriquant du matériel signe un accord avec l’éditeur du logiciel pour le distribuer avec son produit. Or certains petits malins parmi les revendeurs ne se privent pas pour retirer les CD des cartons et les vendre séparément comme s’il s’agissait de produits officiels à part. Ce qui est tout bénéfice pour eux, puisqu’ils n’auront pas eu à débourser le moindre centime : on crée du bénéfice de nulle part. Cependant, en agissant de la sorte, ils arnaquent au passage le client du matériel (puisqu’il n’aura pas le logiciel qui était censé être livré avec), le client du logiciel (puisqu’il ne bénéficiera d’aucune garantie constructeur, outre qu’il n’a pas droit à tout les services proposés avec le logiciel commercial), les auteurs du logiciel (puisque la distribution d’une version spéciale se fait hors du circuit qu’ils ont autorisé, et que le revendeur se fait de l’argent sur leur dos), et les revendeurs honnêtes, à qui ils font une concurrence déloyale. Il faut le savoir : un logiciel en version OEM ne peut être vendu séparément du matériel, voire, en fonction des licenses d’utilisations, ne peut même être utilisé avec un autre matériel que celui avec lequel il est fourni.

En apparence ces CD sont tout ce qu’il y a de normal, décorés qu’ils sont d’une impression sérigraphiée avec le logo officiel. Pourtant ça n’a pas grand chose à voir avec la version commerciale : pas de packaging, pas de manuel papier, des fonctions souvent limitées, un paramétrage parfois calibré pour le matériel avec lequel il était censé être livré, voire bridé pour celui-ci, et surtout pas la moindre garantie, puisque c’est le constructeur du matériel avec lequel le logiciel OEM est livré, et non l’éditeur du logiciel, qui est censé s’en charger. Et bien sûr pour bénéficier de la moindre garantie il faut montrer une preuve d’achat du matériel en question. Pire encore, lorsqu’on commande un logiciel OEM à l’un de ces marchands, il n’est pas rare de les voir disparaître avec la caisse sans jamais rien recevoir d’eux, et tout recours judiciaire est d’autant plus délicat que l’achat en lui-même est suspect (un logiciel neuf à 10% de son tarif normal, c’est censé vous mettre la puce à l’oreille…)

Comme quoi la violation du droit d’auteur n’est pas toujours synonyme de contrefaçon, raison de plus pour rester vigilant.