DI joue son va-tout

Contrairement à ce qu’on avait pu penser, Déclic Images et Manga Distribution n’ont pas cherché à négocier avec Toei Animation et Dynamic Planning pour aboutir à une sortie de crise : leur avocat a en effet saisi la Cour de Renvoi, qui devra donc se prononcer sur l’affaire Goldorak.

Il faut savoir que si la Cour de Cassation avait automatiquement renvoyé l’affaire devant cette cour, il fallait néanmoins que DI & MD s’en saisissent également avant une date butoir pour que l’affaire soit à nouveau jugée, ce qui a donc été fait.

En outre, les deux sociétés brignolaises se sont adjoint les services de Me Christophe Charon, un des plus grands et éminents spécialistes en matière de propriété littéraire et artistique, et dont les tarifs sont en rapport… Il faut croire que les caisses ne sont pas aussi vides qu’on aurait pu le croire. À la lumière de ces informations, il paraît vraisemblable qu’on s’oriente à nouveau vers une remise en question de la légitimité des japonais à agir…

La stratégie de Valérie et Benjamin Uzan est pour le moins surprenante, puisque leur outrecuidance ne risque pas de calmer l’ire de leurs fournisseurs nippons. En effet, le catalogue s’est grandement amaigri depuis le début de l’affaire, DI inspirant manifestement plus de réprobation que de confiance au pays du soleil levant. On promet depuis des temps immémoriaux une « bombe nostalgique » annoncée avec fracas, qui, mois après mois, n’en finit plus de ne pas sortir, et revêt les atours d’un véritable serpent de mer. Côté tarifs, le jeu de massacre continue, et la société se débrouille avec son fond de catalogue, ressortant versions après versions d’ancienne licences, sans pour autant finir d’autres séries entamées, repoussées aux calendes grecques. Le réseau de distribution s’est également largement détourné de Manga Distribution, après que nombre d’enseignes se soient retrouvées assignées par les japonais pour avoir distribué les DVD contrefaits, suite d’ailleurs au fax mensonger affirmant que la justice avait autorisé la poursuite de leur commercialisation.

La stratégie de repli sur IDP semble tout autant avoir fait « pschitt », et n’aura eu pour véritable effet que de propager la défiance envers son nouveau dirigeant à cette autre entreprise, qui s’est par ailleurs vite retrouvée en dépôt de bilan.

Dans ce contexte, même en admettant que la stratégie judiciaire de Valérie et Benjamin Uzan porte à nouveau ses fruits, ce qui, au vu de la décision de la Cour de Cassation, tiendrait de l’exploit, leur persistance à rester dans un affrontement qu’ils ont eux mêmes créé initialement ne rendra pas leurs affaires plus florissantes pour autant, à moins qu’ils n’envisagent une reconversion de leur activité dans un tout autre domaine.

En bref, c’est la politique du « foutu pour foutu »…