Publi-rédactionnel

Je ne vous l’ai pas caché, j’ai reçu quelques propositions en relation avec ce blog : contrat d’édition, contrat publicitaire, voire développement de jeux, auxquelles je n’ai pas donné suite car provenant notamment d’acteurs français de la japanime, ce qui aurait pu entâcher mon travail ici d’un soupçon de partisannerie ou d’intérêt personnel (déjà sans ça on m’a soupçonné de tout alors…)

J’ai récemment accepté que mon nom soit associé à un article dans Japan Vibes, puisque l’article reprenait un passage de ce que j’ai écrit ici (je précise que je n’ai rien perçu pour cette opération), mon objectif premier étant celui d’informer.

On voit fleurir ces derniers temps des « publi-reportages » sur les blogs francophones : une boîte envoie un produit à un blogueur, gratos, et en échange le blogueur en parle sur son blog. Ca fait de la pub à pas cher, façon « leaders d’opinion », « tendanceurs », et autres CSP+.

Ron l’infirmier évoque la question sur son blog, puisqu’il a droit à un traitement princier : ouikènne à Disney, iPhone, et autres dégustations de caviar. Il se défend de toute manipulation puisqu’il indique clairement le contexte dans lequel ça se passe, et qu’il ne parle que de ce qu’il aime.

Oui mais. D’abord ça entretient un rapport de force malsain malgré tout : la meilleure façon de conserver son indépendance, c’est de n’être l’obligé de personne. On sait bien ce que ce genre de « cadeaux » amène comme dérives (comme la RATP qui fait un cadeau de plus de 1000 euros aux journalistes…), jusqu’à la mainmise totale sur les rédactions des magazines spécialisés (les histoires sont innombrables), ou encore l’industrie agro-alimentaire qui peut faire ouvertement pression sur les chaînes de télé quitte à faire de la désinformation, le journalisme professionnel est entaché de corruption, que ça soit par différents cadeaux, par intérêt industriel, ou tout simplement par amitié : on ne mord pas la main qui vous nourrit…

C’est justement la fraîcheur des blogs, leur indépendance totale, qui en avait fait l’intérêt. S’il est bien légitime de vouloir retirer quelque chose de son travail, entrer dans ce système, sachant qu’aux yeux des français le net est le moins crédible des médias, c’est se tirer une balle dans le pied…

Sans compter que « tester » un produit sans en payer le prix, c’est très loin d’approcher l’expérience qu’en font ceux à qui s’adressent ces articles (n’est-ce pas messieurs-dames les critiques de théâtre/cinéma/littéraire/gastronomique?…)

On sent d’ailleurs bien que le temps de la gratuité à tout crin a vécu sur le net : si on veut continuer à bénéficier d’un contenu atypique, si on veut pouvoir lire des articles que ni la radio, ni la télé, ni la presse n’oseraient publier, la seule garantie d’indépendance c’est que le consommateur soit le payeur. On s’oriente résolument vers cette solution pour certains sites, mais après tout, rien en ce bas monde n’est vraiment gratuit : la publicité, vous la payez quand même, et elle ne garantit pas la qualité des médias auxquels vous avez accès, loin s’en faut. Autant être le vrai patron des rédactions, pour s’assurer que celles-ci vous seront plus loyales qu’à d’autres « mécènes » aux intentions moins louables.