Et maintenant?

Maintenant que l’appel a été cassé, on peut se demander ce qui nous attend. En premier lieu, tout dépendra de l’attitude pour laquelle DI & MD opteront : soit ils tentent l’appel, soit ils cherchent à négocier. Sachant qu’en tout état de cause, DI & MD doivent à nouveau payer la moitié des 7,2 millions d’euros, et que l’appel ne pourra pas être jugé avant un an, il est probable qu’ils proposent à Toei Animation & Dynamic Planning de s’en tenir là en échange d’un étalement voire d’une réduction de la dette. Si c’est bien le cas, il restera aux japonais d’évaluer dans quelle mesure cette option leur semble préférable. L’avantage serait de régler définitivement l’affaire une bonne fois pour toutes, et l’inconvénient serait de toucher moins d’argent que prévu (en admettant qu’il soit possible de percevoir la totalité). Il faut également mettre cette éventualité en balance avec leurs chances de gagner en appel, et la cassation peut les conforter dans l’idée qu’ils ont toutes leurs chances. Sans oublier la possibilité de réduire à néant un adversaire qui s’est montré aussi nuisible que possible, option qui peut s’avérer séduisante pour eux, ne serait-ce que pour tenir lieu d’exemple. Nous saurons probablement dans les jours à venir quelle option DI et MD auront choisie.

N’oublions pas cependant qu’il reste également à juger le volet pénal de cette affaire pour la parution du coffret 3, qui pourrait s’avérer lourde de conséquences, à titre personnel, pour les dirigeants de Déclic Images et Manga Distribution. A cela s’ajoutent également les litiges entourant les autres licences de Toei Animation qui ont fait l’objet d’une exploitation pour le moins douteuse (DVD de Candy, Capitaine Flam à plus d’une reprise — diffusion sur France 3, coffrets de Déclic Images et Manga Distributions, coffrets de Benji…—, et la tentative de diffusion de Goldorak sur NRJ 12)

Cependant cette nouvelle donne engage également quelques avancées pour le dossier : Toei Animation peut reprendre les procédures à l’encontre des enseignes de la distribution qui étaient passé outre ses avertissements et avaient procédé à la vente des coffrets contrefaits, et dont elle peut espérer une compensation substantielle. D’autre part, il apparaît que Poly Production est définitivement hors jeu concernant ses prétentions sur la version française. Si la question de l’appel se voit réglée, il deviendrait donc juridiquement possible de publier Goldorak en DVD, en admettant que l’entente cordiale demeure entre Toei Animation et Dynamic Planning. Cependant, il reste toujours à récupérer les bandes master de la série, toujours en possession d’IDP. A priori, il semble exclu que Benjamin Uzan puisse espérer en faire quoi que ce soit dorénavant, mais à défaut, il devrait être possible de récupérer des enregistrements de qualité broadcast en bon état de conservation, ne serait-ce que pour la bande sonore.

Le ciel s’éclaircit donc un peu, bien qu’il reste encore quelques étapes à franchir avant de pouvoir mettre un point final à cette affaire scabreuse, et d’espérer pouvoir enfin disposer d’une édition DVD digne de notre bon vieux Goldorak.