l’histoire des DVD

Comme certains ont pris le train en marche, et au vu de certains commentaires, voici une petite séance de rattrapage:

Chapitre premier, avant la sortie des DVD:

– Courant 2004, suite à la sortie des DVD Japonais de Goldorak, et après des années de blocage des droits à cause d’un litige entre Toei Animation et Dynamic Planning, D/Visual annonce qu’ils travaillent avec Toei Animation et Dynamic Planning sur des DVD de Goldorak pour l’Italie et la France.
– le 25 Novembre 2004, Déclic Images signe un accord de principe avec Rouge Citron Production pour qu’ils fassent l’acquisition des droits de Goldorak en leur nom auprès de Toei Animation. DI verse un acompte de 500.000 euros (sur 3 millions d’euros), qui devront être remboursés au cas où RCP n’arrive pas à obtenir ces droits
– Juin 2005, Déclic Images découvre qu’il y a un problème avec RCP. Trois commerciaux de Déclic Images quittent leur société pour aller travailler chez RCP. Plus tard, Valérie Uzan affirmera que des fichiers informatiques leur ont été dérobés, et fera part d’emails entre ses anciens employés et RCP qui lui auraient fait penser que RCP se serait apprêtée à sortir les DVD de Goldorak sous leur propre label.
– 4 Août 2005, Déclic Images refuse le remboursement des 500.000 euros devant le juge des référés de Nanterre.
– début Août 2005, Déclic Images lance la fabrication de ses DVD de Goldorak
– Mi-Août 2005, à la surprise générale, Kahlone (modérateur du forum de Déclic Images) annonce la sortie de Goldorak en DVD prévue pour le 24 Août
– les « spécialistes » de Goldorak, qui n’ignorent pas la complexité des droits autour de Goldorak, s’étonnent sur les forums spécialisés de n’avoir pas entendu parler de la sortie de ces DVD plus tôt, et certains vont jusqu’à émettre l’hypothèse qu’ils pourraient être illégaux.
– pour en avoir le cœur net, je recherche le numéro de téléphone du bureau parisien de Toei Animation et je tombe sur quelqu’un qui m’explique que les DVD de Déclic Image sont totalement illégaux.
– j’en réfère à Valérie Uzan, dirigeante de Déclic Images et Manga Distribution, qui m’affirme que je suis tombé sur un standardiste qui n’a pas connaissance de leurs accords. Vérification faite, il s’agit de Monsieur Goh Wakabayashi, assistant manager.
– s’en suit un fax de Dynamic Planning, qui apparaît sur le net. Il a été envoyé le 23 Août au réseau de distribution, et stipule que les DVD de Déclic Images sont illégaux et qu’il ne faut pas les vendre. Valérie Uzan m’a alors dit que le fax était un faux. J’ai demandé confirmation à Jammy Magot, dirigeant de la société High Dream et proche collaborateur de Dynamic Planning, qui m’a confirmé la véracité du fax en question…
– l’affaire prend de l’ampleur sur internet, et la polémique fait rage sur les forums. Un des participants demande à ce qu’une page à part soit créée pour la paix civile, ce qui donne naissance à ce blog.

Chapitre deuxième, après la sortie des DVD

– 24 Août, sortie des épisodes 1 à 52 de Goldorak en deux coffrets DVD. Manquent alors les épisodes 53 à 74. Bruno-René Huchez fait un scandale dans le magasin de Manga Distribution. Les DVD ne font mention d’aucun copyright, alors qu’il s’agit normalement d’une obligation contractuelle pour toutes les licences de Goldorak. Les DVD ne font pas plus figurer le logo de RCP, comme c’était pourtant le cas pour toutes leurs précédentes collaborations.
– Valérie Uzan demande à tous les forums qui parlent de l’affaire de supprimer tous les posts, sous peine de poursuite en diffamation. Tous les posts sur le sujet sont systématiquement et immédiatement supprimés sur le forum de Déclic Images, qui se refuse à tout commentaire.
– le 26 Août, je reçois une mise en demeure de la part de Valérie Uzan me demandant de supprimer mon site dans l’heure qui suit, sous peine de poursuite en diffamation.
– le 30 Août, Rouge Citron Production fait un communiqué officiel indiquant que les DVD de Déclic Images sont illégaux et qu’une saisie échantillon a eu lieu au magasin de Manga Distribution
– le 5 Septembre, Déclic Image se décide enfin à communiquer sur le sujet. Ils font état de l’accord de principe avec RCP, ainsi que d’un autre sur la série Candy.
– le 6 Septembre, RCP réagit en expliquant qu’ils n’ont pas obtenu les droits et cherché à rembourser l’acompte de 500.000 euros. Ils ajoutent qu’ils n’ont jamais livré les masters de Goldorak.
– pendant ce temps, certains magasins proposent les coffrets alors que d’autres se refusent à les vendre en attendant plus de précisions.

Chapitre troisième, la justice s’en mêle

– le 22 Septembre, la société QOL, duplicateur de DVD contracté par Déclic Images, obtient un référé les autorisant à ne pas livrer les DVD à Déclic Images.
– le 5 Octobre, la justice refuse la demande de référé faite par Toei Animation (procédure d’urgence pour bloquer les ventes en attendant le jugement sur le fond). En l’absence de documents japonais vieux de 30 ans et à traduire en français, la demande avait été faite sur la marque déposée Goldorak et non sur les droits d’auteur. La marque n’ayant pas été utilisée dans les 5 ans, la demande a donc été refusée en attendant que le juge du fond statue sur l’affaire.
– suite à cette victoire, Manga Distribution envoie des faxes au réseau de distribution en stipulant que la justice les aurait autorisés à poursuivre la vente des DVD.
– le 24 Octobre, l’avocat de Toei Animation me fait parvenir un extrait d’une décision de justice du Luxembourg, faisant interdiction aux magasins du Grand Duché de vendre et de renvoyer leurs stocks de DVD. Une expertise démontre que la vidéo sur les DVD de Déclic Images a été copiée des DVD Japonais de Toei Animation.
– le 28 Octobre, les plaidoiries du jugement sur le fond ont lieu. L’avocat de Déclic Image ne nie pas que les DVD sont copiés sur les DVD japonais, et s’attache à remettre en question la validité des droits de Toei Animation et Dynamic Planning.
– le 5 novembre, Manga Distribution fait paraître une publicité dans Télé-Star faisant figurer le coffret 3 et permettant de le commander
– le 7 Novembre, Toei Animation assigne de nombreuses enseignes de la distribution.
– le 8 Novembre, le coffret 3 est disponible à la vente sur le site de Manga Distribution
– le 9 Novembre, je reçois un coup de fil anonyme de menace exigeant la fermeture de mon site, je porte plainte au commissariat de police.
– le 17 Novembre, le site internet et le magasin de Manga Distribution indiquent que le coffret 3 est en rupture de stock. Il ne sera plus jamais disponible à la vente.
– le 28 Novembre, Déclic Images et Manga Distribution sont condamnées, retrait immédiat des coffrets sur le site de Manga Distribution.
– Déclic Images et Manga Distribution se pourvoient en appel. Le jugement est rendu en Septembre 2006, et contre toute attente, la Cour décide d’annuler le jugement en première instance : selon elle, Toei Animation et Dynamic Planning n’ont pas donné d’éléments suffisants pour démontrer leur titularité sur les droits de la série.
– Les japonais vont en cassation : le jugement est rendu en Novembre 2007, annulant totalement la décision de la cour d’appel. On en revient à la décision de première instance : DI & MD doivent à nouveau plus de 7 millions d’euros. L’affaire est devant la cour d’appel de renvoi, qui devrait statuer d’ici 2009.

Voilà pour l’essentiel, je crois que je n’ai rien oublié ;¬) Vous pouvez retracer toutes ces étapes en remontant les billets de ce blog.