Archive for the ‘Bataillon & Associés’ Category

Gaiking : genèse d’un projet.

lundi, mars 29th, 2010

Jules Urbach est un ingénieur américain qui a réalisé l’un des tout premiers jeux sur CD-Rom, Hell Cab, à l’aide de Macromedia Director alors qu’il n’a que 18 ans. En 1998, il fonde la société 3D Groove, qui propose une extension permettant à Director d’afficher de la 3D. C’est à cette époque que je le rencontre, étant moi-même développeur sur Director, et que nous nous lions d’amitié. Il m’apprend qu’il a passé son enfance en France jusqu’à l’âge de 9 ans, mais il est resté suffisamment longtemps pour être touché sévèrement par le virus de la japanime : Goldorak, Albator, Capitaine Flam… Il rêve de faire un jeu basé sur le robot géant.

Je le tiens régulièrement informé des nouveautés qui continuent d’arriver en France au sujet des héros de notre enfance, et naturellement de l’affaire des DVD contrefaits. Il poursuit son petit bonhomme de chemin en mettant au point un moteur 3D temps réel révolutionnaire, Otoy, qui lui ouvrira les portes d’Hollywood : l’industrie du cinéma s’avère très intéressée.

C’est dans ce contexte qu’il fait par la suite l’acquisition de la société LightStage, qui détient un procédé de motion capture révolutionnaire. Celui-ci lui vaudra d’ailleurs un oscar pour les effets des films l’Etrange histoire de Benjamin Button et Avatar. Jules n’oublie pas ses rêves, et, fort de prestigieux contacts à Hollywood tout prêts à lui prêter main forte, décide de se lancer dans un film autour des héros de son enfance.

Reste l’épineuse question des droits. Etant donné mes contacts avec les avocats français de Toei Animation, et à l’occasion de son passage en France en septembre 2006, je lui propose d’organiser une rencontre au cabinet Bataillon & Associés afin qu’il leur expose son projet et qu’ils discutent d’un moyen d’obtenir les droits. Jules obtient ses entrées chez Toei Animation, mais la piste s’avérera stérile. Il finira par arriver à ses fins avec l’aide de Dark Horse Comics, et son projet commence modestement : il s’agit de réaliser un court métrage en 3D de 7 minutes pour Bandai, autour des robots de la série Chogokin (importée par Mattel dans le reste du monde).

Jules montre son projet aux réalisateurs David Fincher (Se7en, Fight Club, Zodiac…) et James Cameron, qui travaillent ensemble à un remake du film d’animation culte Métal Hurlant de 1981, basé sur la non moins culte revue de SF française du même nom. Ils sont tellement enthousiasmés qu’ils décident d’ajouter le projet de Jules à leur film.

Le projet a pris de l’ampleur, et s’est fait remarquer. Jules a fini par obtenir les droits pour faire un long métrage autour des licences Gaiking et Shogun Warriors. Ca ne vous rappelle rien? C’est le nom que la société Mattel a donné à une gamme de jouets à la fin des années 70. On y trouve pêle-mêle et parmi tant d’autres Daimos, Gaiking, Godzilla, Mazinger Z, Raydeen, et… Goldorak. Marvel Comics lancera une série de magazines sur la licence aux USA, qui verront des crossovers improbables entre robots japonais et super-héros américains.

Goldorakbox

Jules trouve un réalisateur : Matthew Gratzner. Il s’agira de son premier film, mais l’homme a un prestigieux curriculum vitae puisqu’il a réalisé les effets spéciaux de films tels que The Dark Knight, Iron Man, Superman Returns, ou encore Alien: Resurrection. Et son expérience ne sera pas de trop car ils comptent CONSTRUIRE LES ROBOTS A L’ECHELLE UN. Ils seront ensuite scannés en pleine résolution pour être animés par ordinateur, et serviront également pour des prises de vues réelles.

Lors de l’Anime Fair de Tokyo, Toei Animation révèle l’existence du projet, conjointement à un autre long métrage en images de synthèse, cette fois consacré à Albator. Elle y présente les premières images du projet, en fait le travail de pré-production, et non ce qu’on verra dans le film.

Le film est financé et annoncé, rien ne peut plus s’opposer à sa sortie, prévue en 2012, après bien des atermoiements. C’est une joie et un soulagement de pouvoir vous parler aujourd’hui de ce projet de longue haleine. Les autres robots seront révélés lors de la Comic-Con qui se tiendra du 22 au 25 juillet à San Diego. Mais mon petit doigt me dit que ça devrait vous plaire…

Et bien sûr, vous devriez trouver quelques infos croustillantes sur ce blog dans les mois à venir ;¬)

Les japonais gagnent en appel

mercredi, juin 24th, 2009

Voilà la décision de la Cour d’Appel de renvoi, dans l’affaire Goldorak. En substance, la Cour a reconnu la recevabilité de Toei Animation et Dynamic Planning à agir, et déclaré Déclic Images et Manga Distribution coupables de contrefaçon.

De même, elle a rétabli la marque déposée « Goldorak » à Toei Animation et l’a retirée à Déclic Images. Cependant, elle a considéré que Déclic Images et Manga Distribution n’avaient pas commis d’actes de concurrence déloyale.

Elle condamne chacune des deux sociétés françaises à verser 2,4 millions d’euros (soit 4,8 millions en tout). Le jugement est plus clément qu’en première instance, sans doute le juge aura-t-il souhaité ménager la chèvre et le chou, entre condamner des actes répréhensibles d’une part, et permettre aux entreprises de poursuivre leur activité de l’autre.

Voilà donc qui clôture un volet de l’affaire du Goldogate après quatre ans de procédures, à moins que les sociétés françaises ne se pourvoient en cassation (rappelons qu’auquel cas, c’est sur la procédure uniquement qu’il faudra statuer et non sur le fond).

télécharger la décision

Cynisme, quand tu nous tiens

lundi, juin 2nd, 2008

Vous vous souvenez peut-être qu’on retrouvait la société Album parmi les distributeurs assignés par Toei Animation : celui-ci avait en effet poursuivi la commercialisation des DVD contrefaits de Déclic Images malgré les mises en garde du cabinet Bataillon.

Or il semble que ça n’aura pas suffi à leur donner la moindre leçon, puisque le magasin Album Video poursuit encore à ce jour la vente du coffret 3 de Goldorak, à 300 euros pièce, s’il vous plaît… Dix fois le prix de vente original, c’est un commerce juteux. Si après ça il s’en trouve encore pour considérer que les coffrets officiels seront trop chers…

Le magasin sait d’autant plus de quoi il en retourne que les vendeurs n’hésitent pas à dire que le coffret est « collector » pour s’être vu interdit à la vente… La couverture officielle d’une telle commercialisation est plutôt amusante, puisque le magasin prétend ne faire que de la vente d’occasion de produits reconditionnés. Si tout est en ordre, pourquoi donc exiger le paiement en espèce d’un tel coffret, le tout sans délivrer le moindre ticket de caisse?

Il est assez scandaleux de voir jusqu’où certains peuvent pousser le cynisme, et leur manque total de professionalisme… Cependant les conséquences devraient être plutôt lourdes pour le commerçant, puisque ses pratiques ne sont pas restées inaperçues…

Bataillon écume les magasins!

vendredi, septembre 30th, 2005

Voici un témoignage d’un lecteur:

pour info les avocats de Bataillon sont passés à la boutique de Tonkam cet après-midi avec un hussier pour voir s’ils vendaient les coffrets goldo (pas le cas). Ils avaient un papier officiel prouvant qu’ils avaient le droit de faire ça. Ils allaient après chez Mandarake (dans la même rue).

Certificate of Origin

mardi, septembre 20th, 2005

Suite à l’explication de Bruno-René Huchez sur l’état des procédures, les documents prouvant la propriété de la Toei sur la série animée Goldorak sont enfin disponibles. Maître Bataillon, avocat de la Toei, m’a fait parvenir une copie du « certificate of origin » (Page 1Page 2Page 3 ), établissant la propriété de la Toei sur Goldorak auprès de la Motion Picture Producers Association of Japan. Comme prévu les procédures de blocage des ventes vont pouvoir être désormais lancées, et Jean-Jacques Bataillon m’a par ailleurs fait savoir ceci:

la TOEI a été autorisée Vendredi dernier à lancer une nouvelle procédure d’heure à heure pour faire cesser l’exploitation.

Avancement des procédures

jeudi, septembre 15th, 2005

Suite à une conversation téléphonique avec Jean-Jacques Bataillon, voici ce qu’il m’a dit sur l’avancée du dossier. D’après lui, Déclic Images, Manga Distribution, et Rouge Citron Production, auraient été assignés et auraient reçu leurs notifications Lundi. RCP a été assigné afin qu’ils amènent leurs pièces devant la justice pour permettre de faire toute la lumière sur cette affaire. Le jugement concernant le volet commercial devrait être rendu fin Octobre. De plus, le dirigeant de Manga Distribution aurait été entendu par la Répression des Fraudes Jeudi dernier. Maître Bataillon m’a également dit que d’autres actions étaient sur le point d’être lancées.

Je lui ai également demandé des précisions concernant les acheteurs des DVD, suite à son intention affichée de lancer des procédures à leur encontre. D’après ce qu’il m’en a dit, il ne s’agirait que de saisie des coffrets pour destruction, les acheteurs qui feront l’objet de procédures ne risquent donc pas de peine d’amende, mais tout au plus de se voir dépossédés de leurs coffrets.

Réaction de Bataillon & Associés

lundi, septembre 5th, 2005

Suite au communiqué de Déclic Images, le cabinet d’avocats Bataillon & Associés, mandaté par la Toei, m’a fait parvenir ce communiqué:

TOEI ANIMATION CO. LTD. a pris connaissance du communiqué officiel de DECLIC IMAGE.
TOEI ANIMATION confirme n’avoir jamais octroyé les droits de GOLDORAK/UFO LE ROBOT/GRENDIZER RAIDS (ni d’ailleurs ceux de Candy) ni à DECLIC IMAGE, ni à MANGA DISTRIBUTION, ni à ROUGE CITRON PRODUCTION.

Par ailleurs, les droits de TOEI ANIMATION sur GOLDORAK sont de notoriété publique (Cf. ANIMELAND – hors-série n° 5 – Juin 2003).

Il est surprenant que, n’ayant pu obtenir les droits, DECLIC IMAGE et MANGA DISTRIBUTION ont néanmoins produit ces DVD, alors même que, légalement, personne ne leur a remis de  » Master Copy  » de ce dessin-animé….On peut donc s’interroger sur la provenance de la source.

Sincères salutations,

Jean-Jacques BATAILLON
JJB/EVP

Les risques pour les acheteurs, deuxième

lundi, septembre 5th, 2005

Suite à ma réponse sur les risques encourus par les acheteurs des DVD, j’ai reçu un mail de Kahn27, qui dit avoir précédemment travaillé pour le cabinet Bataillon & Associés:

Je viens de lire ton paragraphe sur les risques des acheteurs et, bien que n’étant pas spécialiste du pénal, il est tangible de croire que les risques semblent limités pour les acheteurs car en effet, l’un des 3 composants de l’ infraction (l’élément intentionnel) pourrait être extrêmement difficile à prouver. MD étant un professionnel reconnu, il sera facile d’argumenter que les acheteurs se sont fiés à lui et qu’ils ne se renseignent pas sur les droits d’auteurs quand ils achètent un DVD (le fait-on quand on va acheter un film lambda dans une grande enseigne ?). Attention toutefois car les infractions matérielles sont des infractions que la simple violation de la prescription légale ou réglementaire suffit à constituer. Cela signifie qu’il est indifférent de savoir si l’agent a agi intentionnellement, volontairement ou dans l’ignorance du règlement. De plus, l’affaire est maintenant connue, au moins du public visé : c’est à dire que les gens qui achètent à partir de « maintenant » sont potentiellement plus exposés que ceux qui ont acquis leur coffret dans les premiers jours de la mise en vente. Mais bon, tout ceci n’est que la projection. – Entre nous – on peut penser que la TOEI ne doit pas trop se soucier du menu fretin que sont les particuliers qui ont acheté. L’enjeu majeur est de frapper à la source même du problème.

J’ajoute que, quand bien même les acheteurs auraient eu les moyens de se renseigner sur les droits de ces DVD, et qu’ils aient connaissance des éléments rapportés ici, il n’y a pour autant aucun moyen de savoir de quoi il en retourne effectivement tant que l’affaire n’est pas jugée. On peut donc envisager que la déclaration de Jean-Jacques Bataillon n’ait d’autre but que de limiter les ventes des DVD en attendant que la justice ait statué sur l’affaire.

Communiqué officiel du cabinet Bataillon et Associés

jeudi, septembre 1st, 2005

Jean-Jacques Bataillon m’a fait parvenir ce communiqué officiel par email:

En tant qu’avocats de TOEI Distribution, nous confirmons que:

-la marque GOLDORAK est enregistrée à l’INPI en date du 15/02/1989 sous le numéro 110 674 (renouvelé le 14/02/99, n°1589 742 et le 11/03/99, n°99780 197) au nom de TOEI ANIMATION.

-le site du Centre National de la Cinématographie (www.cnc.fr)indique également que TOEI ANIMATION est titulaire des droits audiovisuels: immatriculation 50 677.

Sachez que la Direction Régionale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes s’est saisie de ce dossier.

TOEI ANIMATION nous a mandaté pour engager toutes actions, contre toute personne qui, directement ou indirectement, soit par acte de production, de distribution ou d’achat aura violé ses droits.

Jean-Jacques BATAILLON
JJB/SL