Archive for the ‘Culture numérique’ Category

Arnaques du web : les logiciels « OEM »

mardi, août 5th, 2008

La violation des droits d’auteur peut prendre diverses formes, en voici une dont vous n’aviez peut-être pas conscience. On tombe fréquemment sur le web (ou dans son spam…) sur des marchands de logiciels dits « OEM », qui ont la particularité de vendre leurs produits à une fraction du prix normal. Ca n’a, dans l’écrasante majorité des cas, rien de légal. Petite explication : un logiciel OEM (pour Original Equipment Manufacturer) est un logiciel livré en « bundle » avec du matériel informatique. Ainsi vous aurez une version de Photoshop Elements avec votre scanner par exemple, ou encore une version de Windows avec votre PC.

Dans pareil cas, le fabriquant du matériel signe un accord avec l’éditeur du logiciel pour le distribuer avec son produit. Or certains petits malins parmi les revendeurs ne se privent pas pour retirer les CD des cartons et les vendre séparément comme s’il s’agissait de produits officiels à part. Ce qui est tout bénéfice pour eux, puisqu’ils n’auront pas eu à débourser le moindre centime : on crée du bénéfice de nulle part. Cependant, en agissant de la sorte, ils arnaquent au passage le client du matériel (puisqu’il n’aura pas le logiciel qui était censé être livré avec), le client du logiciel (puisqu’il ne bénéficiera d’aucune garantie constructeur, outre qu’il n’a pas droit à tout les services proposés avec le logiciel commercial), les auteurs du logiciel (puisque la distribution d’une version spéciale se fait hors du circuit qu’ils ont autorisé, et que le revendeur se fait de l’argent sur leur dos), et les revendeurs honnêtes, à qui ils font une concurrence déloyale. Il faut le savoir : un logiciel en version OEM ne peut être vendu séparément du matériel, voire, en fonction des licenses d’utilisations, ne peut même être utilisé avec un autre matériel que celui avec lequel il est fourni.

En apparence ces CD sont tout ce qu’il y a de normal, décorés qu’ils sont d’une impression sérigraphiée avec le logo officiel. Pourtant ça n’a pas grand chose à voir avec la version commerciale : pas de packaging, pas de manuel papier, des fonctions souvent limitées, un paramétrage parfois calibré pour le matériel avec lequel il était censé être livré, voire bridé pour celui-ci, et surtout pas la moindre garantie, puisque c’est le constructeur du matériel avec lequel le logiciel OEM est livré, et non l’éditeur du logiciel, qui est censé s’en charger. Et bien sûr pour bénéficier de la moindre garantie il faut montrer une preuve d’achat du matériel en question. Pire encore, lorsqu’on commande un logiciel OEM à l’un de ces marchands, il n’est pas rare de les voir disparaître avec la caisse sans jamais rien recevoir d’eux, et tout recours judiciaire est d’autant plus délicat que l’achat en lui-même est suspect (un logiciel neuf à 10% de son tarif normal, c’est censé vous mettre la puce à l’oreille…)

Comme quoi la violation du droit d’auteur n’est pas toujours synonyme de contrefaçon, raison de plus pour rester vigilant.

Des films en streaming gratuit et légal

vendredi, juillet 25th, 2008

Les USA avaient initié la diffusion de séries et de films en streaming gratuit (hulu.com, ABC, NBC, Disney…), mais de ce côté-ci de l’Atlantique, il n’y avait guère que les catch-up tv (Arte, M6, Canal+) qui permettaient d’accéder à ce type de contenus dans des conditions similaires.

CDiscount annonce un service de films en streaming gratuit à partir du mois de Septembre. Le site du groupe Casino a obtenu un accord de diffusion pour 16 films auprès de neuf diffuseurs. Quatre films seront diffusés par mois, de Septembre à Décembre, et chacun sera mis en avant chaque semaine. Le site lepoint.fr donne la liste des films concernés.

Le système, s’il est idéal pour les spectateurs et pour la lutte contre le piratage, a toutefois encore à faire ses preuves économiquement parlant.

Casse-tête

jeudi, mai 29th, 2008

Depuis quelques mois déjà, on nous promet une « réponse graduelle » au piratage : le pirate recevrait initialement un email pour lui intimer l’ordre de cesser cette mauvaise habitude, et s’il persiste, se voit tout bonnement couper sa connexion Internet.

L’idée semble bonne : elle instille la peur du gendarme, trop absent du net, et est associée à un châtiment systématique, inéluctable, et semble-t-il plus proportionnel à la faute commise. Elle devrait donc permettre une nette réduction des usages frauduleux du net.

Cependant, le projet de loi Hadopi (car tel est son nom) laisse bien des questions en suspens.

Premièrement : la mise en application concrète. Il faudra que chaque FAI mette en place les infrastructures de surveillance des échanges de données, ainsi que leur archivage durant une année. L’ARCEP a d’ailleurs réagi à ce sujet. On peut également se poser différentes questions sur les moyens de détection : les réseaux les plus courants seront surveillés, mais il faudra également surveiller le contenu des fichiers (les pirates auront tôt fait de donner des noms farfelus aux fichiers pour brouiller les pistes, en donnant l’équivalence sur une simple page HTML par exemple). D’autre part tout réseau non surveillé passera à travers les mailles du filet, et dieu sait que ça n’est pas les protocoles qui manquent (jusqu’à Freenet qui a précisément pour vocation d’empêcher toute surveillance de ce type), ou tout simplement en s’abritant derrière un proxy comme Tor, invalidant par là-même le dispositif pour les plus roublards des pirates.

Ca ne s’arrête pas là cependant : la loi va créer des zones de non-droit, comme par exemple à Paris qui est couverte par du Wi-Fi gratuit. Il suffira de se connecter à un hotspot ouvert pour pirater en toute quiétude, laissant la responsabilité et les conséquences à la bonne âme qui aura mis sa connexion en libre service, au risque de se la voir couper (à l’inverse de la législation actuelle, il n’y a pas lieu de faire une constatation du recel des œuvres sur les disques-durs des contrevenants pour sévir). Les jours du partage communautaire de connexion sont donc comptés. Mais pire encore, même ceux qui auront eu la présence d’esprit de protéger leur point d’accès Wi-Fi par mot de passe ne seront pas à l’abri : il suffit de quelques minutes pour en violer l’accès en toute simplicité, qu’il s’agisse d’une protection WEP ou même WPA. On risque donc de punir de parfaits innocents tout en laissant les fautifs poursuivre leurs razzia.

 
Une connexion WEP hackée en une minute…

Enfin, qu’adviendra-t-il des utilisateurs à qui on aura coupé l’accès internet? La majorité des offres proposant dorénavant le « triple play » (Internet + téléphone + télévision), comment séparer les services pour n’en couper qu’un seul? Le contrevenant sera-t-il condamné à payer au prix fort une offre amputée d’un bon tiers? Pourra-t-il tout bêtement changer de fournisseur, ou mettre sa connexion à un autre nom? Y aura-t-il un fichier national des pirates pour éviter qu’ils ne se fournissent chez un autre FAI une fois déconnectés?

De même, comment faire pour ceux qui piratent à partir de la connexion de leur entreprise?

Bref, tout ça pose bien des problèmes, d’autant que certains verraient dans un tel projet une violation de la vie privée ainsi que des droits de l’homme (privation de droit sans autre forme de procès ni même l’intervention d’un agent assermenté). Moralité, le mensuel SVM a lancé une pétition contre cette mesure.

Le problème du piratage n’est pas près de trouver une solution pleinement satisfaisante.

Des séries sur iTunes

jeudi, mai 29th, 2008

Apple a enfin lancé la partie vidéo de son magasin en ligne. Jusqu’ici on ne pouvait acheter que des clips, et les courts métrages de Pixar, l’autre société de Steve Jobs.

Le catalogue est pour le moment limité mais réussi malgré tout l’exploit de faire cohabiter les grands rivaux:

 

  • TF1 Vision (La main blanche, R.I.S., Le maître du zodiaque)
  • France 2 (Chez Maupassant, Cœur océan)
  • Arte (Le dessous des cartes, Arts du mythe, Toutes les télés du monde)
  • MTV (Pimp my ride, Made)
  • ABC Studios (Desperate housewives, Lost, Ugly Betty)
  • Mediatoon (Lucky Luke, Valérian & Laureline,Kid Paddle, Spirou & Fantasio)

 

A noter que le premier épisode de ces deux dernières séries est proposé gratuitement. D’autres séries sont proposées pêle-mêle : South Park (Comedy Partners), Bob l’éponge (Viacom), Foot 2 rue (France Télévisions).

Les épisodes sont doublés en Français, mais pas de VO sous-titrée. La résolution est inférieure au DVD et le tarif s’échelonne entre 1,49 €, 1,99 € et 2,49 € l’épisode, bref pas folichon, et un catalogue encore limité mais qui est appelé à se développer : les programmes de Disney Channel devraient prochainement être proposés. En revanche, toujours pas de films ni de location.

Cette offre présente cependant quelques avantages, puisque c’est la seule qui réunit dans un seul endroit toutes les œuvres de ces magasins de VOD. De plus, ces catalogues sont enfin rendus accessibles aux utilisateurs de Mac, iPods, iPhone, et Apple TV (leurs ayants-droits respectifs ne les proposaient jusque là qu’à travers la plate-forme windows media, qui était incompatible). Enfin, les expatriés disposant d’une carte bancaire associée à un compte en France pourront se fournir en toute légalité à travers le monde entier.

Et qui sait, peut-être iTunes s’avérera-t-il une seconde chance pour trouver un marché vidéo à Goldorak…

Ouvrir iTunes à la page vidéo

Magneto, Serge!

samedi, mai 24th, 2008

Voilà un petit logiciel qui devrait faire beaucoup de bruit dans les jours à venir : iWizz, proposé par la société Wizzgo, vous permet d’enregistrer les émissions de la TNT à l’aide d’une simple connexion internet.

Grâce au guide des programmes intégrés, vous pouvez sélectionner les émissions qui vous intéressent. La requête est envoyée aux serveurs de Wizzgo qui se charge de procéder à l’enregistrement pour vous. Une fois fait, celui-ci vous est renvoyé sous forme de fichier quicktime une heure après la diffusion, prêt à être visionné sur votre ordinateur, iPod, ou Apple TV, par exemple. Les fichiers sont livrés sans DRM mais contiennent un watermarking avec votre identifiant personnel afin de décourager les utilisateurs de mettre les fichiers en partage. Vous pouvez également créer des listes intelligentes qui filtreront pour vous les contenus en fonction de vos préférences, ainsi vous pouvez facilement isoler toute la japanimation par exemple. Vous pouvez en outre partager vos listes avec vos « buddies » qui utilisent le logiciel. Seule limite : vous ne pouvez enregistrer que 15 heures de programmes par mois.

L’intérêt est multiple : simplicité, possibilité d’enregistrer sur autant de chaînes simultanément que vous le désirez, pas besoin de tuner TNT, une simple connexion à internet suffit, quel que soit le débit. Ca fonctionne où que vous soyez… y compris à l’étranger! Voilà qui devrait faire bien plaisir à tous les expatriés, comme certains d’entre vous. Si vous avez suivi les épisodes précédents, vous vous doutez donc bien que les chaînes de télé françaises ne l’entendront pas de cette oreille et riposteront probablement. Car c’est l’intégralité des programmes des 17 chaînes gratuites de la TNT qui sont disponibles, rencontres sportives y compris…

En parlant de télé, petites recommandations de geek, en admettant que vous n’ayez pas eu l’occasion de déjà les voir:

Tokyo Godfathers, Lundi sur Virgin 17
Le tombeau des lucioles, Mardi sur Virgin 17
Dune, Jeudi sur NRJ12
Le passe-murailles, Jeudi sur France 3
Sakamoto joue de la musique de film, Vendredi sur Arte
Dans la spirale des jeux vidéo (tout un programme, à regarder au 3ème degré), le 3 Juin sur Arte.

A noter que vous pourrez également consulter ces deux derniers programmes une semaine durant sur le site de catch up d’Arte.

Hébergeurs ou diffuseurs?

jeudi, avril 17th, 2008

A l’inverse des médias traditionnels, les plate-formes qui permettent à tout un chacun de publier du « contenu » sur Internet ont le même statut que des hébergeurs : compte-tenu du casse-tête que représente la surveillance de ceux-ci, on considère qu’ils ne sont pas responsables de ce qu’ils diffusent. Ils sont en revanche tenus de supprimer des contenus litigieux (négationisme, homophobie, racisme, sexisme, diffamation, pédopornographie, respect du droit d’auteur, etc) dans les délais les plus brefs une fois qu’ils leurs sont signalés.

Ce précepte a trouvé une parfaite illustration dans le procès qui opposait l’humoriste Jean-Louis Lafesse à Dailymotion : selon Arrêt sur images, la justice a condamné DailyMotion a verser 5000 euros de dommages et intérêts (au lieu des 5 millions demandés…) pour avoir tardé à obtempérer, et non pour avoir diffusé ces vidéos. Dans une affaire similaire, Omar et Fred ont également été déboutés…

On peut cependant se poser des questions sur ce statut d’hébergeur et remettre les choses dans leur contexte : à l’origine, les fourniseurs d’accès à Internet proposaient à leurs abonnés un espace d’hébergement gratuit, un service gratuit pour inciter les gens à s’abonner chez eux. Les « pages perso » n’avaient pas vocation à apporter une quelconque valeur ajoutée aux hébergeur, et les utilisateurs gardaient la complète maîtrise de leur site et de leur hiérarchie. Il était donc légitime de dédouaner les hébergeurs de toute responsabilité.

Dans le cas de YouTube et Dailymotion, comme d’autres plate-formes d’ailleurs (blogs, facebook, myspace, etc) nous sommes en revanche dans un cas de figure tout à fait différent, d’abord ces site conservent la maîtrise de la présentation du site, seules les vidéos sont fournies par les utilisateurs. Ensuite, ces sites ont un intérêt économique direct sur ces contenus, grâce à la publicité (contrairement aux pages perso). Cet intérêt implique nécessairement une responsabilité sur les contenus diffusés, ce qui devrait remettre lourdement en question le statut de simple « hébergeur » et non d’éditeur. Il est à noter plusieurs facteurs agravants:

– ces sites mettent en avant certaines vidéo sur la page d’accueil, en se gardant bien de promouvoir des vidéos piratées…
– Dailymotion a mis en place plusieurs catégories d’utilisateurs, avec des vidéos « Creative Content » (licence qui vient du monde « libre » permettant l’utilisation libre d’une œuvre de l’esprit), et surtout une catégorie « official content »,  reconnaissant implicitement par là-même que les autres ne sont pas tout ce qu’il y a de plus légal…
– Ces sites disposent d’un filtrage assez efficace concernant la pornographie : les vidéos sont donc bel et bien passées en revue avant d’être publiées. Le plus amusant c’est de tomber parfois sur des épisodes de série télé annotés par l’équipe rédactionnelle de DailyMotion comme étant « explicites »…

Dans ce contexte, il paraît indispensable de revoir le statut d’hébergeur pur de ces sites : on en arrive à un tel point que, si YouTube et DailyMotion devaient retirer TOUTES les vidéos illicites, ils seraient grandement vidés de leur substance, et il paraît difficile de nier qu’ils jouent dessus pour leur popularité, et donc pour la rentabilité de leurs publicités ainsi que pour leur valorisation boursière…

J’en parlais déjà (voir l’article « les grandes manœuvres« ), la tendance se confirme. Selon le quotidien Les Echos (article payant), TF1 aurait assigné YouTube à hauteur de 100 millions d’euros, (10 fois le chiffre d’affaires de YouTube en 2006) pour contrefaçon, concurrence déloyale, et parasitisme. D’autre part, la chaîne demande 39,7 millions d’euros de dommages et intérêts concernant DailyMotion… Gageons qu’elle fourbira des arguments plus affûtés que ceux de l’avocat de Jean-Yves Lafesse (qui n’est nul autre que… Maître de La Rochère!)

The UFO : nouveau trailer

jeudi, avril 17th, 2008

Le fanfilm « The UFO » (qui se voudrait l’épisode zéro de Goldorak) bouge encore! Le projet italien, lancé il y a 5 ans, n’avait guère donné de signes de vie depuis un certain temps. Pourtant, une page « news » a été créée, ainsi qu’un deuxième teaser que je vous laisse admirer:

Merci à Thyphoon pour l’info!

Orange lance la 2è offre de VOD forfaitaire

lundi, avril 7th, 2008

Orange a annoncé ce matin au MIP TV à Cannes la sortie d’une offre de VOD forfaitaire. On se souvient que Free avait initié le mouvement en Juin dernier avec Free Home Video.

Le service, nommé Orange cinéma séries, sera lancé à la fin de l’année. Il proposera, sur six chaînes différentes, dont les programmes seront également accessibles à la demande, le catalogue de la Warner, d’International Television, de HBO, de Fidélité Films, et de la Gaumont. Le service sera proposé sur les ordinateurs et postes de télévision (via l’ADSL et le satellite), mais également sur les appareils mobiles (via la 3G ou le Wifi). Le service devrait être proposé à un tarif entre 15 et 20 euros par mois pour un accès illimité en accès multi-postes.

Orange s’engage résolument en tant que diffuseur et producteur de contenus, entrant en concurrence déclarée avec les chaînes de télévision, ce qui devrait entraîner un changement dans leurs relations.

D’autre part, il se dit qu’Apple serait en négociations avec Orange pour proposer leur offre en France sur iTunes et la rendre compatible avec l’iPod ou encore l’Apple TV. La révolution est donc plus que jamais en marche (voir « le téléspectateur du futur« )

Actu droits et internet

lundi, avril 7th, 2008

Dans l’article « Errements éditoriaux« , je vous parlais des bévues commises par les éditeurs, en voici une illustration toute particulière :

L’éditeur Polonais Techland, qui publie notamment le jeu vidéo Call of Juarez, a mandaté la société Suisse Logistep AG, déjà remarquée pour ses agissements discutables, pour mettre un terme au piratage de son jeu. Celle-ci a constitué un fichier des téléchargements illégaux du jeu, et transmis les dossiers à différents avocats de par le monde pour qu’ils les prennent en charge.

En France, c’est Mᵉ Elizabeth Martin qui s’est chargée de l’affaire. Elle a envoyé des courrier demandant un versement de 400 euros, faute de quoi des poursuites auraient lieu. Première erreur : les mises en demeure ne peuvent comporter de menaces, et doivent comporter certaines mentions comme la possibilité de recourir à un conseil juridique, et en demander ses coordonnées. Deuxième erreur : les sommes perçues ont ensuite été reversées sur un compte privé et non sur un compte bloqué « CARPA » comme le veut la procédure. Enfin, l’avocate a refusé de communiquer le nombre de personnes qui se sont pliés à ce qu’il faut bien appeler de l’extorsion pure et simple. N’oublions pas que la collecte des adresses IP incriminées doivent également faire l’objet de procédures bien particulières, d’une part, et qu’elles ne sauraient en rien constituer une preuve suffisante, d’autant moins par les temps qui courent où tant de points d’accès WiFi ouverts sont disponibles. Résultat des courses, le barreau de Paris a sanctionné l’avocate, lui interdisant d’exercer pour six mois avec sursis, la bannissant des associations professionnelles, et lui retirant toute possibilité de siéger aux instances dirigeantes pour dix ans.

D’autre part, William Rejault interroge Bertand Soulier, chanteur de son état, et en profite pour lui poser la question qui tue, et qui illustre assez bien ce que j’écrivais dans l’article « Artistes et producteurs« :

Tu télécharges de la musique ? Tu vois ton album en téléchargement illégal dans un site de torrent, tu penses quoi ?
« Je devrais me dire que c’est la rançon du succès. Que quand j’étais môme j’avais des montagnes de C90 pas toujours dolby. Et qu’aujourd’hui, c’est la manière que les gens utilisent souvent pour faire transiter la musique. Question, est-ce vraiment à « l’artiste » de statuer sur la décision à prendre ? Moi, dans ce cas-là, je suis emmerdé pour mon label. C’est eux qui prennent le risque financier, et je serais content qu’ils s’y retrouvent. Maintenant, il y a plein d’entrées et de sorties à cette problématique… Tu peux télécharger illégalement, aimer le projet et le suivre en concert. Tu peux acheter le disque et ne pas te déplacer aux concerts. Tu peux tout, tu peux rien. Je reste néanmoins persuadé que lorsque tu télécharges un album en entier sur un site de torrent, tu sais instinctivement que t’as pas les cuisses propres. Et qu’arrivé à un certain niveau, tu grèves la carrière de l’artiste.
C’est un problème de notoriété aussi. C’est totalement lié à ça… Tu ne télécharges pas un inconnu… Moi, j’aimerais que ma musique soit partagée. J’aimerais aussi en vivre raisonnablement. Et que tous les gens qui se battent pour et avec moi s’en sortent. Voilà. Je finirai donc sur l’une des premières phrases de mon album: « Puisqu’il n’y a plus que des uns, mon amour, que des zéros. Je retournerai la terre entière pour retrouver un disquaire… Discorama« . »

Lire le reste de l’interview sur Le Post

Et ça continue encore et encore…

jeudi, avril 3rd, 2008

Je vous en ai parlé à plusieurs reprises (voir l’ère du tout-gratuit et musique illimitée: SonyBMG prête à sauter le pas), l’accès illimité à la musique est le nouveau modèle à la mode.

En voici un nouvel exemple avec MySpace (l’agrégateur des pages perso les plus laides de l’univers), qui selon news.com devrait annoncer aujourd’hui la signature d’un accord avec quatre des cinq majors (EMI réfléchissant encore), afin de proposer de la musique financée par de la publicité, entre autres. Au menu : musique en « streaming », téléchargement de MP3 non-protégés, places de concert, sonneries de téléphones, etc.

Comme pour l’accord signé avec Amazon (dont je parlais ici), il faut voir derrière ce contrat une volonté d’enrayer le succès d’iTunes qui devient un partenaire trop puissant : en favorisant la concurrence, les majors reprennent la main et ont plus de poids pour imposer à Apple leurs conditions, et non l’inverse.

Elément révélateur de l’importance qu’a pris iTunes : le magasin d’Apple est désormais le premier vendeur de musique aux USA, avec 19% de parts de marché, devant toutes les chaînes de magasins « brick and mortar » comme Wall-Mart  ou encore Best Buy, les autres magasins virtuels étant encore plus loin derrière. L’événement a figure de fait historique auquel on se référera dans l’avenir, représentant le profond bouleversement de l’industrie. On en vient à douter de moins en moins que l’avenir de la distribution de la musique sera dans la vente en ligne.

C’est que le début, d’accord, d’accord…