Diffusion web : les chaînes contre-attaquent

14 août 2008

Je vous parlais en Mai dernier de Wizzgo, un petit logiciel qui fait office de magnétoscope numérique par internet : vous programmez les émissions que vous souhaitez, elles sont enregistrées du côté serveur par la société et vous sont envoyées par la suite sous forme de fichier Quicktime. La société se prévalait de l’exception du droit d’auteur à la copie privée pour justifier ainsi la diffusion d’œuvres audiovisuelles, à ceci près qu’en aucun cas bien sûr cette société ne fait partie de votre cercle familial, cadre strict au sein duquel peut s’exercer cette exception.

La riposte ne se sera pas faite attendre : M6 a assigné la société en référé et a obtenu que les chaînes de son groupe (M6 et W9) soient retirées de l’offre, ce qui a été fait aussi sec. Si toutes les autres chaînes de télé en font autant, ce qui n’aurait rien de surprenant, le service perdra bien de son intérêt à terme.

A noter qu’en revanche le logiciel Zattoo, s’il ne permet pas d’enregistrer les émissions, permet cependant de regarder certaines chaînes en direct via une connexion internet, et que la diffusion est faite avec l’accord de celles-ci. D’autre part, M6 a ouvert une version beta de son service de catch-up TV basée uniquement sur le lecteur Flash, ce qui en offre l’accès aux utilisateurs de Mac et de Linux.

[update 16/08] 01net signale que Wizzgo a fait appel de la décision, insiste que son service est légal, qu’il existe d’autres services concurrents, et qu’elle est prête à “faire un geste” envers les ayants droits.

Arnaques du web : les logiciels “OEM”

5 août 2008

La violation des droits d’auteur peut prendre diverses formes, en voici une dont vous n’aviez peut-être pas conscience. On tombe fréquemment sur le web (ou dans son spam…) sur des marchands de logiciels dits “OEM”, qui ont la particularité de vendre leurs produits à une fraction du prix normal. Ca n’a, dans l’écrasante majorité des cas, rien de légal. Petite explication : un logiciel OEM (pour Original Equipment Manufacturer) est un logiciel livré en “bundle” avec du matériel informatique. Ainsi vous aurez une version de Photoshop Elements avec votre scanner par exemple, ou encore une version de Windows avec votre PC.

Dans pareil cas, le fabriquant du matériel signe un accord avec l’éditeur du logiciel pour le distribuer avec son produit. Or certains petits malins parmi les revendeurs ne se privent pas pour retirer les CD des cartons et les vendre séparément comme s’il s’agissait de produits officiels à part. Ce qui est tout bénéfice pour eux, puisqu’ils n’auront pas eu à débourser le moindre centime : on crée du bénéfice de nulle part. Cependant, en agissant de la sorte, ils arnaquent au passage le client du matériel (puisqu’il n’aura pas le logiciel qui était censé être livré avec), le client du logiciel (puisqu’il ne bénéficiera d’aucune garantie constructeur, outre qu’il n’a pas droit à tout les services proposés avec le logiciel commercial), les auteurs du logiciel (puisque la distribution d’une version spéciale se fait hors du circuit qu’ils ont autorisé, et que le revendeur se fait de l’argent sur leur dos), et les revendeurs honnêtes, à qui ils font une concurrence déloyale. Il faut le savoir : un logiciel en version OEM ne peut être vendu séparément du matériel, voire, en fonction des licenses d’utilisations, ne peut même être utilisé avec un autre matériel que celui avec lequel il est fourni.

En apparence ces CD sont tout ce qu’il y a de normal, décorés qu’ils sont d’une impression sérigraphiée avec le logo officiel. Pourtant ça n’a pas grand chose à voir avec la version commerciale : pas de packaging, pas de manuel papier, des fonctions souvent limitées, un paramétrage parfois calibré pour le matériel avec lequel il était censé être livré, voire bridé pour celui-ci, et surtout pas la moindre garantie, puisque c’est le constructeur du matériel avec lequel le logiciel OEM est livré, et non l’éditeur du logiciel, qui est censé s’en charger. Et bien sûr pour bénéficier de la moindre garantie il faut montrer une preuve d’achat du matériel en question. Pire encore, lorsqu’on commande un logiciel OEM à l’un de ces marchands, il n’est pas rare de les voir disparaître avec la caisse sans jamais rien recevoir d’eux, et tout recours judiciaire est d’autant plus délicat que l’achat en lui-même est suspect (un logiciel neuf à 10% de son tarif normal, c’est censé vous mettre la puce à l’oreille…)

Comme quoi la violation du droit d’auteur n’est pas toujours synonyme de contrefaçon, raison de plus pour rester vigilant.

Des films en streaming gratuit et légal

25 juillet 2008

Les USA avaient initié la diffusion de séries et de films en streaming gratuit (hulu.com, ABC, NBC, Disney…), mais de ce côté-ci de l’Atlantique, il n’y avait guère que les catch-up tv (Arte, M6, Canal+) qui permettaient d’accéder à ce type de contenus dans des conditions similaires.

CDiscount annonce un service de films en streaming gratuit à partir du mois de Septembre. Le site du groupe Casino a obtenu un accord de diffusion pour 16 films auprès de neuf diffuseurs. Quatre films seront diffusés par mois, de Septembre à Décembre, et chacun sera mis en avant chaque semaine. Le site lepoint.fr donne la liste des films concernés.

Le système, s’il est idéal pour les spectateurs et pour la lutte contre le piratage, a toutefois encore à faire ses preuves économiquement parlant.

Je me souviens*

25 juillet 2008

Je vous avais parlé il y a quelques temps de la chaîne canadienne Teletoon Retro, qui n’existait qu’en version anglophone. Voilà qui est réparé puisque la version francophone sera disponible au Québec à l’automne prochain, selon un article du Devoir. Onze séries qui ont fait les beaux jours de la télé d’antan seront présentées, mais le journal croit savoir que les négociations se poursuivent pour faire revenir “Goldorak, Candy, Capitaine Flam, Albator, et consorts”. On leur souhaite beaucoup de chance…

*devise du Québec

Droits d’exploitation DVD, kézako?

16 juillet 2008

L’ami Alain Carrazé, quand il n’occupe pas son temps à venir ternir sa réputation dans les commentaires de ce blog ou à interviewer d’obscurs inconnus notoires dont tout le monde se fout, s’attache à relater sur son blog l’actu des séries et les réflexions que ça lui inspire. Il s’est lancé dans une série (ça ne s’invente pas) de sujets sur la manière dont les droits d’exploitation DVD sont distribués, et les conséquences que ça peut avoir sur le produit final (bonus, VOSTF, VF, distributeur, etc). Un sujet assez compliqué mais passionnant et qui devrait vous en apprendre sur le business des séries télé et du marché du DVD, au vu des qualités didactiques du bonhomme ;¬)

Bon bien sûr c’est plus orienté séries américaines que japanime, mais dans les grandes lignes ça se vaut. A ne pas louper donc, pour mieux comprendre les enjeux de ce qui se trame dans toute l’industrie.

Prochainement

15 juillet 2008

nagai

PS : je tiens à préciser que cet honteux teasing m’a été imposé par l’équipe commerciale du goldogate et que je ne le cautionne d’aucune façon ;¬)

Alain Decaux raconte…

3 juillet 2008

C’est l’histoire de petites filles et de petits garçons. Ils ont quatre, sept ou dix ans. Il rentrent de l’école, jettent leur cartable Tann’s en courant, se servent une ration monumentale de Nutella sur une tranche de pain qui ne fera office que de support, se servent un verre de Banga, et allument la télé, à la main, car en ce temps là on ne pouvait sélectionner l’une des trois chaînes publiques qu’en appuyant sur un des gros boutons bruyants du poste.

Le générique entame sa petite ritournelle guillerette à la flûte alors que s’inscrivent lentement des lettres tracées à la craie sur une ardoise quadrillée. En ce temps là, points de fioritures ni d’effets 3D. Une sémillante petite blonde à queue de cheval, fraîchement reconvertie de son boulot de “speakerine” (un métier maintenant disparu), accueille ses jeunes spectateurs avec un clin d’œil, et c’est parti pour quelques minutes de contemplation béate d’images animées qui emmèneront ces “chères têtes blondes” dans un monde de rêves et de héros. Il y a trente ans jour pour jour, un robot venu de l’espace allait bouleverser les après-midis des enfants d’alors, devenant instantanément un phénomène qui laissera des traces dans toute la culture populaire jusqu’à aujourd’hui. La légende de Goldorak était née. A vrai dire, et au grand dam de Jacqueline Joubert, la différence avec les programmes jeunesse de l’époque était flagrante : jusque là, aucun héros ne risquait vraiment sa vie pour sauver ceux qu’il aimait, et nous étions bercés par toutes sortes de mièvreries gentillettes. Le prince de l’espace était donc voué à crever l’écran, ce qu’il ne manqua pas de faire, jusqu’à atteindre le record incroyable de 100% d’audience, et propulser le phénomène manga au point de faire de la France le second consommateur après le Japon lui-même.

Après bien des rediffusions, Goldorak nous a quitté définitivement sur un dernier épisode, bien mal nommé “Ce n’est qu’un au revoir”. Les années passent, les enfants grandissent, mais s’accrochent à cette tartine de Nutella, leur madeleine à eux. Il faut croire qu’ils auront pris trop au sérieux les recommandations d’Antoine de Saint-Exupéry, qui leur avait dit pis-que-pendre des grandes personnes, trop tristes et trop sérieuses. Le temps de l’innocence ne reste jamais loin pour eux, et tout est prétexte pour y retomber, pour “faire comme si”, l’espace d’un instant toujours trop bref où les contraintes de la société semblent se relâcher un tant soit peu. Jamais ils n’ont oublié ce temps de l’enfance, où les devoirs et les soucis s’interrompaient pour laisser place à l’évasion de l’imaginaire. Nul n’oubliera ne serait-ce qu’une virgule de ces génériques qui donnaient le départ de nouvelles aventures. Tous rechercheront le moindre petit bout de souvenir, la moindre parcelle d’enfance.

On se jette sur les “remixes” des succès d’autrefois, on court les boîtes de nuits écumées par les anciennes stars en délicatesse financière. Les plus accros échoueront dans les gloubiboulga-nights, messes orgiaques célébrant le paradis perdu. Tous ces vieux dessins animés sont achetés dès l’instant où ils sont mis sur le marché en DVD. On fait durer le plaisir autant qu’on peut. Oh, bien sûr, tout ça a vieilli, et on se rend compte que ça ne volait pas toujours bien haut. Les enfants d’aujourd’hui font une moue moqueuse en voyant ces vieilleries, mais là n’est pas la question. C’est une petite rallonge qu’on s’offre, c’est un moyen de retrouver l’odeur de la colle Cléopatre, les vignettes Panini qu’on s’échangeait à la récré, la sensation de ce pull fait par mémé qui grattait, et ce temps béni à jamais perdu.

Et un jour, on se réveille avec la gueule de bois. On réalise qu’on s’est fait avoir. Tel le carrosse redevenant citrouille, Hubert Chonzu laisse place à Bruno-René Huchez. Les héros de notre enfance se voient disputés par des parents illégitimes, en un pugilat très éloigné des valeurs autrefois portées à l’écran. Les illusions s’envolent, et laissent un goût bien amer, qui n’a plus rien à voir avec celui du Nutella. Tout ce que nous voulions, c’était un peu plus d’innocence… le rêve a tourné court.

Malheureusement pour les rapaces, il est une qualité que ces enfants, devenus grands, ont amplement démontré : ils n’oublient pas.

Bon anniversaire, Goldorak.

eBay : la forteresse se fendille

30 juin 2008

Ca n’aura échappé à aucun d’entre vous : eBay est le dernier repère à la mode pour la marchandise de contrebande.
Alors que tous les magasins “brick and mortar” d’achat-vente de produits d’occasion sont obligés de veiller scrupuleusement à ce qu’ils revendent, il n’en est rien pour eBay, bien à l’abri sous le faux-nez de la jurisprudence sur les hébergeurs. Moralité ils ne sont guère regardants sur ce qui passe par chez eux.

Tous s’y étaient cassés les dents jusqu’ici, mais voici que, par deux fois, eBay s’est faite condamner pour avoir permis la vente de produits de contrefaçon (et accessoirement avoir pris leur commission au passage). Ainsi, la société américaine s’est vue condamner début Juin à 200.000 euros de dommages et intérêts face à la marque Hermès, et ce matin c’est six marques appartenant au groupe de luxe LVMH qui ont obtenu 38,6 millions d’euros.

On peut donc espérer le nécessaire ajustement de la jurisprudence de l’hébergeur, qui permettait jusqu’ici tous les abus. Le site de vente aux enchères a néanmoins fait appel de cette dernière décision.

Niouzes

30 juin 2008

Et une nouvelle semaine qui débute, concomitamment avec le compte à rebours jusqu’à une Japan Expo de follaïe.

Nico a confirmé que les mangasses de Go Nagaï seront bien dispo à la Japan Expo (sur le stand de Japan Expo). La distribution en France est toujours en négociations, donc pour le moment JE sera la seule occasion de se les procurer avant un moment.

Sachez également que vous ne pourrez hélas pas les faire dédicacer par le Senseï. Vu que de toutes façons il y aura un tirage au sort pour la séance de dédicace, estimez-vous choisi par le doigt du destin si vous avez la félicité d’approcher le Maître. Ceux qui y parviendront sont forcément promis à de grandes choses dans le futur.

Sinon, l’éditotaku fête ses six ans (mazette, deux fois plus que le goldogate, bon annif, Raton), et Vincent Le Parc a cru bon de profiter de l’occasion pour faire la démonstration de sa probité dans les commentaires du dernier article, à l’aide de méthodes qui en rappellent étrangement d’autres. (Si vous ne savez pas qui est Vincent Le Parc, reportez-vous aux épisodes précédents)

Un autre site devient plus vieux, avec sept ans au compteur, Chère Dorothée a fait les choses en grand avec rien de moins qu’une émission en streaming avec tout plein de surprises et d’images exclusives, et des vrais morceaux de Dorothée dedans. C’était hier, désolé pas pu vous prévenir plus tôt ^^,

Appel à contribution

25 juin 2008

Tu parles Japonais couramment? Tu seras à la Japan Expo? Tu te sens de taille à jouer les interprètes et à aider à interviewer Go Nagaï himself? Alors contacte-moi!